Amandine Ventadour consultante en parentalité - Vous appelez-ça une école ?

Vous appelez-ça une école ?

NON, protocole ne rime pas avec école.

Je me réjouis ce jour que les écoles de mes enfants aient maintenues leurs portes closes.

Depuis la publication du protocole sanitaire destiné à encadrer la réouverture des établissements scolaires, l’incompréhension, et désormais la colère, monte.

A la lecture de ces 52 pages surréalistes, j’ai d’abord ri, persuadée que rapidement les directeurs, les maires et les médias dénonceraient l’aberration de telles mesures. Pourquoi ? Parce qu’elles ne font pas sens avec le propre de l’école et encore moins avec le propre de l’enfant !

J’ai donc écrit ces quelques lignes, en tant que consultante en parentalité et maman, pour éclairer le débat et espérer un nouveau protocole, en soutien à nos enseignants et à nos enfants.

L’enfant ?

Une nature spontanée, sociable à un sens que nous les adultes avons bien souvent oublié, incontrôlable la plupart du temps il faut l’admettre tant l’enthousiasme de la vie le guide. Le propre de l’enfant c’est la découverte, l’aventure, la curiosité, la liberté.

L’école ?

« L’École doit transmettre aux élèves l’ensemble des valeurs républicaines à travers ses enseignements, la vie scolaire et l’ensemble des actions éducatives qu’elle porte. L’École transmet les valeurs de la République : liberté, égalité, fraternité ; laïcité ; refus de toutes les discriminations. » https://eduscol.education.fr/

  • Liberté ?

Dans ce protocole, aucune liberté, ni en classe ni en récré. On demande à l’enfant de bien rester assis sur sa chaise, de ne pas échanger d’objet avec ses camarades, de suivre la ligne au sol, de penser à chaque pas, à chaque geste, aux risques de transmissions qu’il court et qu’il fait courir aux autres … en temps normal, nos prisons, lieux de privations de liberté, ne sont pas si strictes.

  • Egalité ?

Partout sur ce site du gouvernement, je lit « lutte contre les discriminations ». N’est-ce pas discriminatoire de re-scolariser en priorité les enfants de certaines catégories sociales, à savoir essentiellement les enfants des fonctionnaires (soignants, enseignants, ordre public…) ?

Et quand la classe réouvre pour 8 enfants, que devient la si chère « continuité pédagogique » pour les 20 autres et + ? Les décrocheurs et les enfants en difficulté n’auraient-ils pas dû être annoncés comme les grand bénéficiaires de ces réouvertures de classes ?!

  • Fraternité ?

L’école qui réouvre n’est pas un lieu de fraternité, c’est un lieu où chacun doit être vu comme un risque potentiel, on y parle de gestes « barrières », on apprend à se méfier de ce que l’autre aurait pu toucher, on doit garder nos distances malgré l’envie irrépressible de se donner un peu de réconfort, ce qui entraine un rabâchage indigérable d’injonctions de la part des encadrants.

Oui je parle d’encadrants et pas d’enseignants, car le décor que peint le protocole est en totale contradictions avec les conditions nécessaires aux apprentissages. Qu’en est-il des réservoirs affectifs, de la qualité des liens ? Peut-on investir la richesse du monde réel ? Les expérimentations sont quasi impossibles, le monde du sensoriel inaccessible et la spontanéité répressible, réduisant par la même l’enthousiasme, source de tout apprentissage. Le stress engendré par tout cela est toxique.

Pourtant les médias ne cessent de diffuser des images d’écoles « modèles » qui suivent à la lettre le protocole et en font un message positif… propagande de l’état ? Ces images sont terrifiantes, tomber malade me fait moins peur que d’imposer un tel environnement à mes enfants et à toute leur génération. Je vois déjà tous les troubles psychiques qui peuvent en résulter. Les parents sont au mieux intrigués, au pire révoltés, et ceux qui n’ont pas d’autre choix sont inquiets.

Un protocole parfait.

Ce protocole est parfait, sanitairement parlant, bien sûr. Dans une école de robots il aurait même une réussite de 100%. Mais est-il destiné à être appliqué dans l’école de la république ? Une école vivante j’entends ? Je crois plutôt qu’un tel protocole est une sorte d’assurance. Nous avons une belle chose sur le papier qui s’appelle « le principe de précaution », c’est devenu un fardeau, on ouvre le parapluie et tous ceux qui décident d’en sortir sont pénalement responsables. Nous voilà pieds et poings liés.

Combien tout cela va t’il coûter en temps et en budget ? On découvrait au début de la crise un nombre effarant d’écoles sans lavabo, sans savon… je pensais que le budget était serré ! N’aurions-nous pas pu mettre à profit cette parenthèse pour faire un tour des besoins sur tout le territoire, les pourvoir et donner un vrai sens au mot « égalité » dans l’école de la république ? Le profit de ce genre de manœuvres aurait été bénéfique sur le long terme.

Au lieu de cela on paye chèrement politiques et scientifiques à élaborer des protocoles impraticables, que les mairies seront seules à assumer et que des enseignants ont mis plus d’une semaine à décoder pour les adapter si possible, déployant bâches, rubans de sécurité et fléchages au sol. Pendant ce temps, qui pense à nos enfants ? à leurs besoins, au respect qu’on leur accorde dans tout ça ? Je me trompe, les enseignants sont préoccupés par ce qu’ils s’apprêtent à faire subir à leurs élèves qu’ils aiment tant ; c’est sans compter sur la pression des académies qui veillent à obtenir de bons chiffres de réouverture. Quel gâchi…

Pour conclure :

Lisez ces 52 pages, en conscience et demandez-vous simplement « ais-je envie d’être un enfant dans cette école-là ? » et puis encore « pourquoi nous demande-t-on de favoriser le télétravail dans tous les domaines où cela est possible ? ». Voici mon élément de réponse, le protocole sanitaire en l’état actuel est irréalisable, encore moins pour nous les adultes. Nos enfants s’adaptent mieux certes, mais est-ce une raison pour leur imposer ce qu’on ne supporterait pas ?

Alors voilà, mes enfants ont hâte de retrouver les bancs de l’école et moi plus de liberté dans mon planning de libérale, mais je remercie ma mairie et les écoles de mes enfants de ne pas avoir bêtement appliqué une consigne qui n’a pas de sens.

Voici ma note sur la copie:

« Hors sujet, le protocole est parfait, mais le candidat à oublié qu’il s’agit de l’appliquer à l’enfance…! »

Amandine Ventadour

Consultante en parentalité

Mère de 3 enfants

Si je ne devais avoir qu’un livre sur la question des apprentissages, en lien avec cet article, ce serait celui ci:

Catherine Gueguen, Heureux d’apprendre à l’école, les arènes-Robert Laffont

 

 

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Amandine Ventadour

Consultante en Parentalité – Instructrice en massage bébé – Monitrice de portage – Ambassadrice Mon Moment Magique

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